20 posts from 2007
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J'ai découvert ce livre quand je commençais à bosser... Il y aura bientot 10 ans... J'ai toujours été intéressé par la vie des entreprise, la socio des organisations, le monde salarié... Ayant grandi hors du monde, ce monde là constitue un mystère que je ne me lasse pas de découvrir.
C'est un petit bouquin bien fichu... un petit bouquin qui parle de ça, de l'homme dans l'entreprise. Chaque tête de chapitre est agrémentée ironiquement d'une extrait d'une bible du management. L'histoire, c'est l'histoire d'un stage extrème du top management qui tourne mal, de l'enquête interne là dessus, c'est l'histoire des jeux de pouvoir, des mirages de l'organisation... une petite perle de recul et d'ironie.
Marrant que l'idée de ce bouquin me revienne à quelques jours de mon team building et quelques jours après avoir visité mes futurs bureaux où le chef n'a plus de box isolé mais est parmi ses ouailles... Parmi? Non pas tout à fait... son bureau plus grand que les autres est situé de manière à surveiller tous les autres... Manque juste l'estrade...
Encore une fois je pique les bonnes idées où elles sont donc spéciale dédi à la demoiselle Ysé pour ce partage livresque ...
C'est un livre d'homme... pas un truc qui sent la sueur, qui fait poum et bang, et où les femmes seraient légères... non, juste la plongée dans l'esprit d'un homme avec deux grands et beaux vaisseaux brisés: l'amour et l'amitié. C'est à la fois un roman d'aventure , un livre d'ambiance et une traversée non pas initiatique mais terminale.... ça évoque à la fois Aguirre, Conrad au coeur des ténèbres, Garcia Marquez ou Corto Maltese, ça me raconte des trahisons passées avec la même douleur que celles vécues, des amours impossibles, le désir... les rêves d'un homme si loin si proche.
Ca a la moiteur oppressante de la forêt amazonienne, la touffeur de nuits d'été qui empêchent le sommeil.
Raconter l'histoire ne parlerait pas du livres ni des figures qui le composent.
Il y a deux ans que j'ai refermé ce livre... deux ans que je brûle d'envie et de crainte de retrouver Eric Faye dans un autre de ses romans... Je sauterai le pas bientôt je pense.
C'est l'expression à la mode dans mon entreprise... le team Building...
En gros pour les non initiés au charabia tendance chez les gens en costard, ça veut dire créer un esprit d'équipe en favorisant les rencontres, la communication, la transversalité...
A priori c'est une bonne chose!
Mon entreprise nous invite dans un chateau hotel pendant 3 jours en janvier pour team builder...
A prioiri c'est une bonne chose aussi.
Pourtant, je suis réticent. D'abord parce que la nature dans le nord de Paris en janvier, ça fait pas beaucoup rêver. La pluie, le froid et la boue avec la compagnie de collègues H24... pas vraiment le loft ou le club med ...
Ensuite parce que je me méfie toujours de tous ces machins sociaux ou socialisateurs qui infantilisent les gens, c'est la foire aux lèches bottes qui seront premiers partout devant les consultants et les premiers à oublier tout ça une fois revenus... enfin bon... pas très intéressant pour vous tout ça... je reviendrai peut-être emballé par le résultat...
Mais voila, toute cette réflexion autour de l'équipe me ramène évidemment à une autre équipe, plus petite, plus amicale qui est la team Village.
Quand nous avons fait le village, nous avons beaucoup préparé l'aspect gestion d'équipe pour que l'endroit ne repose pas sur un seul membre qui bloquerait tout et que le boulot soit partagé et transmissible facilement à de nouveaux membres.
Au bout de (compte sur ses doigts) ... 9 mois d'existence, je fais le constat suivant: la team marche bien, on ne s'est pas bouffé la gueule, on s'entend bien et les idées foisonnent.... mais on n'a pas du tout fait comme on avait dit.
En fait cette équipe marche par addition des individualités... chacun prend une idée, la soumet au groupe et fixe la date (ou de temps en temps la range dans sa poche), la murit et la met en place en demandant ou pas l'aide des autres. personne n'est indispensable, tous participent à leur façon. C'est plus du travail communautaire finalement que du travail d'équipe. Un noyau dur c'est constitué = Seb , Zya, Biouby, Fab et moi les fondateurs/décideurs auxquels s'ajoutent des intervenants satellites plus ou moins réguliers. Ainsi fragile a rejoint la team dans un rôle de boîte à idée et de lien avec le monde extérieur pour ce qui concerne les concerts et les spectacles vivants... Ollli et iwa furent les premiers dj pros du village, Mitch et lily des animateurs...sans parler des multiples intervenants qui se sont produit au village.
Ce fonctionnement me satisfait et je pense, satisfait aussi les autres membres de la team. Toutefois, j'ai un petit regret, celui de ne pas avoir réussi à élargir la team, à la renouveler, à trouver plus de gens de bonne volonté ayant envie de s'investir dans le village. C'est mon coté boy scout (je hais les scouts) ou chevalier blanc....
C'était il y a à peu près un an... après quelques mois de sl, avoir appris à marcher, à rencontrer, à trouver ma place, après avoir découvert que j'étais encore capable de vivre certaines émotions, il advint que je fus abandonné rendu à un état de solitude, ce dépeuplement là qui vient quand un seul être vous manque.
Tout était fade, plus rien de nouveau ne s'offrait à moi et, si j'avais décidé de rester, je voulais trouver une autre place dans le second monde.
J'avais décidé de partir. Pas de quitter mais partir... Faire la route un peu à l'ancienne, en marchant seul. Me poser dans un coin du continent et marcher droit devant à la recherche, à la rencontre d'autre chose.
Cette aventure, ce rêve je ne l'ai mené quequelques jours, faute d'absence de routes, faute de lignes rouges et de lieux désespérement vides.
Avant de partir, j'ai décidé d'aller dire au revoir à des amis que je ne pensais pas revoir avant un bout de temps et mon chemin passa par la coopé. Mack était là.
Nous avons discuté, de ce qui pouvait faire rester les gens sur SL, de l'amour dans tout ça, d'ethno-sociologie de ce monde, de cette communauté. Il me mit en garde sur l'impossibilité de mon aventure et me proposa un autre défi, une quête: trouver le premier Franco de SL (psychanalystes de tous poils, merci de me dire ce que signifie la quête de l'aieul).
Son intérêt à lui, en plus du geste amical qui faisait à mon égard, c'était un intérêt d'historien, de référant, cette quête qu'il me confiait venait en renfort de sa propre réflexion déja bien avancée à l'époque et dont on peut lire les fulgurances sur son blog http://www.thesecondblog.com/ .
Pour moi, c'était surtout une quête personnelle, comprendre pourquoi les gens étaient (encore) là, savoir comment ils envisageaient leurs rapports avec les autres et les sentiments dans ce monde allait peut-être me permettre d'avancer sur moi même et de trouver cette nouvelle place, cette nouvelle manière d'être qui me manquait à l'époque.
Je n'ai pas mené cette quête très longtemps. Je crois avoir trouvé le plus vieux franco, mais il ne répondit jamais à mes IM... peut-être que Mack le savait, peut-être s'est-il amusé de ma démarche en sachant très bien ce que je découvrirai et que peu à peu je reprendrai pied dans le monde, peut-être savait-il déja que je resterai, que je prendrai place dans la communauté franco en en devenant acteur. Il faudra que je lui demande un jour.
En tout cas, ces conversations avec lui et les différentes personnes que j'ai rencontrées dans mon périple m'ont apporté beaucoup. Je parlais précédemment de l'absence de "parents symboliques" dans SL, pour moi Mack, à ce moment là, a joué ce rôle et je lui en suis redevable.
Je vous raconterai peut-être une autre fois ce que j'ai découvert en allant à la rencontre des "grands anciens", je ne vous dirai pas en tout cas qui est le plus vieux francophone de SL. Peut-être que Mack ressort cette quête de sa besace à chaque fois qu'il rencontre un homme perdu, je ne voudrais pas prendre le risque de gacher la route de celui là.
Il ya celles que j'ai épié sans jamais rien dire,
Celles qui m'ont lorgné sans le laisser deviner,
Celles qui me reprochent de n'être que leur ami,
Celles qui me reprochent d'avoir essayé d'être un peu plus,
Celle qui y a toujours cru, même quand il n'y avait plus rien et qui dit que je lui suis tout
Celle qui est encore là même s'il n'y a plus rien et qui dit que sans moi elle n'est rien
Celle qui regrette que le feu n'ai jamis pu repartir après qu'elle l'eut éteint ,
Il y a eut celle qui m'a roulé dans la farine,
Il y a eut quelques aures erreurs de casting aussi,
Il y a beaucoup de bonnes copines avec qui partager une sourire ou un instant,
Il y a quelques très bonnes amies à qui je peux tout dire...
Et plein, plein d'inconnues...
Et il y a lui... un seul garçon identifié parmi toute cette gynécée
Je ne sais pas trop parler aux hommes, d'ailleurs je ne le fais pas
4 ou 5 mots par mois c'est mon rythme
Je sais qu'il est là, il sait que je suis là
Mais si j'ai a lui parler je le ferai franchement, intimement et je crois que lui aussi.
C'est ce qu'on appelle un ami.
Et puis bien sûr tout ces hommes qui passent pour qui j'éprouve de la sympatie et avec qui j'échange un petit peu quand même.
Pour un ours comme moi, ça en fait du monde...
J'aime pas les posts larmoyants, plein de fleurs roses et de love love love... This is not a Love song, mais plutôt une sorte d'état des lieux, une photo de l'inventaire de moi parmi vous.
Juste histouère de continuer à me présenter ...
Je ne sais plus d'où vient cette phrase... Neruda, Garcia Marquez?
"Le temps que vivre m'a donné"...
Depuis que je passe du temps dans le monde virtuel, le temps file, se tord, est élastique... je cherche des repères, attache de l'importances aux durées, aux dates... En RL ça ne m'arrive jamais.
Je ne sais pas quand j'ai rencontré mes amis, combien de temps ont duré mes partnership ... et pire je n'en ai aucune idée précise et ce manque de repères, d'éléments quantitatifs est pour moi assez déstabilisant.
J'ai 14 mois, le village a 8 mois, je regarde les dates de naissance, de dernières connexions des avatars, essaie de poser des pierres blanches de ci de là... Les échéances m'aident à agir.
Le temps a très rapidement eu une importance fondamentale pour moi... En mode noob après une dizaine de jour à tourner, j'étais déja capable d'aider les autres une différence notable ... j'avais appris à marcher... Ensuite j'avais fait une estimation genre 1 mois sl = 3 à 6mois de vie... mais finalement c'est pas si simple...
Il m'est arrivé de penser aussi que notre seconde vie était finalement calquée sur la vraie, on est nourrisson incapables d'agir ou avec difficulté, on devient enfant en découvrant le monde et les autres, puis adolescent en voulant s'amuser découvrir les plaisirs... puis adulte en se posant en commençant à se créer des perspectives... la suite logique voudrait un démon de midi avec régression au stade ado puis la déliquescence progressive des envies et le renfermement sur ses souvenirs... je n'en suis pas encore là.
Je pense aussi à l'éternel retour, cet instant si parfait qu'il dure dans nos têtes et pourrait se prolonger toute une vie sans jamais nous lasser ou qu'on aie un crampe dans le mollet. J'en second-vécu des instants parfaits... mais comment les faire durer sans les situer?
Alors voila, j'ai un passé, un présent, un avenir et tout ce que je rêve en parallèle, j'essaie d'y poser des bormes pour bien distinguer, que tout ça ne se mélange pas... Le temps que vivre m'a donné, je ne l'ai pas compté mais j'aurai aimé m'en souvenir mieux.